Monthly Archives septembre 2018

Le paysage urbain à Abidjan

L’URBANISATION DURABLE A L’EPREUVE DE L’ECONOMIE AGRICOLE DANS LE DEPARTEMENT DE KOUNAHIRI : LES CAS DES VILLES DE KOUNAHIRI ET DE KONGASSO AU CENTRE-OUEST

DE LA CÔTE D’IVOIRE

 

RESUME

Le département de Kounahiri est situé dans le centre-ouest de la Côte d’Ivoire. Il compte 77 679 habitants selon le recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) en 2014. Le département est composé de deux principales villes (Kounahiri et Kongasso). Kounahiri qui ne bénéficie pas d’activités industrielles connaît une urbanisation malgré la présence des activités agricoles. Cette étude voudrait montrer les rôles des partenaires au développement par l’activité agricole dans l’urbanisation de cette localité. La méthodologie utilisée s’appuie sur la recherche documentaire, l’observation et les entretiens. L’étude montre que l’économie agricole et l’apport des opérateurs économiques contribuent à la dynamique spatiale de la ville. Cette urbanisation se manifeste par la modernisation de l’habitat et des équipements socio-collectifs. A termes, on assiste à un net recul des activités agricoles dans la ville.

Mots clés : Kounahiri, Kongasso, urbanisation, département, Côte d’Ivoire.

 

INTRODUCTION

L’urbanisation, selon Gogbé T. (2010) est un processus dynamique de concentration de la population. Elle permet de lutter contre les disparités et le phénomène de dysfonctionnement des établissements humains et la mobilisation des ressources locales pour un investissement sur place. Sous ses prétentions économiques, elle permettrait d’assurer et de résoudre les problèmes d’équipements et d’emploi posés dans les villes. Claval P. (1994), quant à lui, définit l’urbanisation comme un processus par lequel une proportion importante de la population d’une société se concentre sur un espace, où se constitue des agglomérations fonctionnelles et sociales qui sont interdépendantes.

En terme de processus d’urbanisation le département de Kounahiri, particulièrement, la ville de Kounahiri  semble répondre à ces deux critères de définitions. En effet, parti d’un village, Kounahiri atteint de nos jours le statut de ville. On y a observé la concentration de la population impactée par de nouveaux modes de production et de consommation et de nouvelles manières de vivre. Cela influe également sur le milieu de vie de ces populations qui changent et évoluent constamment.

Définie comme un processus de multiplication et de concentration des populations les villes, d’extension spatiale et de multiplication du nombre de villes ; l’urbanisation est un processus qui se caractérise dans les pays en voies de développement par augmentation rapide de la population urbaine engendrée par l’exode rural, les flux migratoires et une croissance des unités urbaines. Les premières villes ivoiriennes sont nées grâce à la colonisation. De ce fait, elles ont bénéficiées d’un certain nombre d’infrastructures telles que les écoles, des wharfs et les routes reliant le littorale à l’arrière pays.

Dès les premières années de l’indépendance de la côte d’ivoire, les autorités politiques ont accordé un intérêt particulier à l’aménagement du territoire, à travers des plans quinquennaux de développement de 1971 à 1985, (MEMPD, UE, 2006).

De ces plans quinquennaux découleront plusieurs programmes d’aménagement (MEMPD, UE, 2006), dont le projet d’Aménagement de la Vallée du Bandama (AVB) de 1969 à 1980. C’est dans cette vallée  qu’est situé le département de  Kounahiri, puis la ville de Kounahiri. Notons que ce département n’a pas trop bénéficié de ce projet à cause de l’échec qu’il a accusé à l’instar de plusieurs villes de Côte d’Ivoire. Cependant, le bilan diagnostique de la politique d’aménagement du territoire ivoirien au cours de ces périodes précédentes, a fait ressortir des limites, mais aussi quelques contributions importantes pour certaines régions ou villes (Hauhouot, 2002). Ainsi, le projet  d’Aménagement de la Vallée du Bandama a mis en place les premières infrastructures (routes, écoles, pompes villageoises et centre de santé) de base de Kounahiri.  En outre, l’Etat ivoirien dans le souci de réduire les disparités régionales va ajouter à ce projet de développement, deux autres projets primordiaux que sont les Fonds régionaux  d’Aménagement Rural (FRAR) à partir de 1975 et les Fonds d’Investissements et d’Aménagements Urbains (FIAU) en 1994. Ceux-ci vont assoir des équipements et infrastructures de bases dans le département en général et au plan national en particulier. Comment évolue le processus d’urbanisation dans le département de Kounahiri ? Quels sont les facteurs qui favorisent cette urbanisation? Il est question de faire l’état des lieux du processus d’urbanisation dans le département de Kounahiri. Celui-ci, est composé de deux principales villes qui sont à la fois les deux communes de cette zone : Kongasso et Kounahiri. Ces localités nous ont servis à apprécier la transformation de l’espace rural en espace urbain.

Figure  1: La situation géographique des villes de Kongasso et Kounahiri

 

METHODOLOGIE

La méthodologie utilisée dans le cadre de cette étude est basée sur  la recherche documentaire et les enquêtes socio-économiques.

Au cours de la recherche documentaire, des bibliothèques, des centres de documentations et services spécialisés des institutions de l’Etat ont été visités aussi bien à Abidjan, à Kounahiri qu’à Kongasso. Elle a consisté à faire le point de l’état des connaissances des écrits aux centres de documentations de l’IGT, de l’Ex-Flash, de l’IRD, et de l’union des villes et communes de Côte d’Ivoire.

A Kounahiri et Kongasso, nous avons consulté les documents au service technique de la mairie, dans les services administratifs des diverses directions départementales et de l‘Institut National de la Statistique (INS).

En ce qui concerne les enquêtes socio-économiques, nous avons opéré aux moyens d’entretiens, de questionnaires et d’observations directes sur le terrain. Les observations nous ont permis de nous imprégner des réalisations sur le terrain afin de faire des analyses exactes de la réalité de cette localité et de faire des inventaires.

LES RESULTATS

I / LES FACTEURS DE L’URBANISATION : L’AGRICULTURE, LES ACTEURS DE DEVELOPPEMENT

1.1 / L’agriculture, un facteur d’urbanisation du département de Kounahiri

L’agriculture occupe une place de choix dans l’économie du département, car elle est l’activité principale de la population du département de Kounahiri. En raison d’une végétation mixte qui forme un écosystème composée de forêts et de savanes, d’un type de sol ferralitique moyennement désaturé et de l’existence de deux saisons de pluies régulièrement reparties sur tout le long de l’année. Ces facteurs concourent à la diversification de cultures dans le département.

 La ville est par définition un lieu où plus de la moitié de la population exerce une activité non agricole. Mais, les villes de Kongasso et Kounahiri ont pour fonction dominante et principale l’agriculture. En effet, au moins 840 individus dans ces villes ont une fonction agricole contre 10 240 que composent le département, soit 14,23% de la population totale (INS-RGPH, 2014). A cela s’ajoute une participation de 72,12 % des hommes contre 27,87% des femmes. Cette valeur représente le quart de la population active de la Côte d’Ivoire qui est estimée à 60 %.

Cette population est majoritairement jeune, soit 58,30% de la population départementale, foncièrement attachée au métier de la terre. Elle est donc source d’une main d’œuvre vitale pour l’économie agricole.

            L’activité agricole est dominée d’une part, par les cultures vivrières (1 854,269 tonnes, MINAGRI-ANADER, 2016) et les cultures maraichères (194,246 tonnes). En effet, les potentialités naturelles font du département, une zone de production quantitative de produits vivriers, soit 50% de la production agricole du département. En effet, les cultures les plus essentielles sont : le maïs (39,944 tonnes), l’igname (619,773 tonnes), l’arachide (44,947 tonnes), la banane plantain (737,468 tonnes), le manioc (non parvenu), le piment (103,404 tonnes), le gombo (17,604 tonnes), le riz (452,064 tonnes), etc. La présence des cultures de rentes dont la culture de l’anacarde (57423,122 tonnes de 2012-2016 ; CCA) représente la principale source de revenu des populations du département. Concernant la commercialisation et le suivi de la culture d’anacarde, trois institutions se mettent aux services des agriculteurs, à savoir le Conseil Coton-Anacarde, (CCA), l’Agence National d’Appui au Développement Rural (ANADER), le Ministère National de Agriculture (MINAGRI). La figure 2 présente les diverses cultures du département de Kounahiri.

Figure 2 : La proportion des diverses cultures dans le département de Kounahiri.

 

 

La figure 2 ci-dessus traduit la proportion de chaque type de productions agricoles dans le département de Kounahiri. En effet, les produits vivriers occupent une part importante avec 89, 67 %, à cause de la satisfaction des besoins en nourriture des populations urbaines. Quand aux produits maraîchers, ils ont une part de 9,40 %. Concernant les cultures de rentes, elles occupent une tranche de 0,63 % et enfin, la plus petite portion est celle des agrumes avec 0,40 %. La part du vivrier traduit que le département de Kounahiri est autosuffisant en matière de nourriture. En plus l’excédent de ces cultures est commercialisé dans le département ou à l’extérieur de celui-ci.

Bien vrai que l’agriculture soit l’activité dominante du département, il existe d’autres types d’activités dans lesquelles les populations exercent (voir figure 3).

Tableau 1 : La répartition de la population départementale de Kounahiri selon les différentes branches d’activités par sexe et le milieu de vie.

 

 

Branches d’activités

Milieu de résidence
Urbain Rural Total
Sexe Sexe Sexe
Masculin Féminin Total Masculin Féminin Total Masculin Féminin Total
Agriculture 669 171 840 7 304 2 910 10 214 7 973 3 081 11 054
Mine 03 0 03 46 2 48 49 2 51
Industrie 98 61 159 479 66 545 577 127 704
Bâtiments et travaux

Publics

23 0 23 64 1 65 87 1 88
Commerce 161 157 318 238 276 514 399 433 832
Services 397 368 765 268 1 731 1 999 665 2 099 2 764
Branches d’activités mal connue 1 0 1 1 1 2 2 1 3
Autres branches

d’activités

1 0 1 4 1 5 5 1 6
Non spécifiées 1 567 1 769 3 336 10 291 12 908 23 199 11 858 14 677 26 535
Total 2 920 2526 5 446 18 695 17 896 36 591 21 615 20 422 42 037

Source : Données INS 2014, nos enquêtes, 2016.

Au total, ce sont 42 037 personnes qui sont actives dans le département de Kounahiri. Ce chiffre équivaut à 54,11 % des actifs dans la population totale de la circonscription. Ainsi, la proportion des actifs varie d’un secteur d’activité à un autre. Les hommes représentent  27,82 % des actifs contre 26,29 % femmes actives. En milieu urbain, on a dénombre, 5446 individus actifs, dont 12,95 % dans la part des actifs. En revanche, en milieu rural, 36 591 individus  sont actifs et représentent 87,05 % des actifs. Dans les deux milieux, les hommes sont plus actifs que les femmes (21 615 hommes pour 20 422 femmes). Chaque compétence est représentée à travers le diagramme circulaire de la figure 3 ci-dessous.

 

 

 

Figure 3 : Diagramme circulaire de la proportion de la population par branche d’activité

Le diagramme ci-dessus présente la répartition de la population du département de Kounahiri selon les différentes branches d’activités. D’abord, la proportion des branches d’activités non spécifiée (33,15%) est la plus grande car plusieurs personnes exercent des activités diverses en plus de l’agriculture. Celle-ci domine l’agriculture (14%) et les services (3,55%). Ces trois activités sont les plus exercées dans le département. Ensuite, viennent le domaine du commerce qui n’est que de 1,07% contre 0,90% pour les industries. Enfin, on a les activités de mines (0,06%), les bâtiments et travaux publics (0,11%) et 0,01% pour les branches d’activités mal définies.  Ces parts sont négligeables dans le processus de développement du département. A côté de ces proportions on remarque un taux de chômage qui varie de 0,1% à 1% dans le département. Ce qui révèle d’un véritable problème à résoudre.

En réalité, plus de la moitié de la population devrait pratiquer l’agriculture, cependant, ce sont seulement 14% qui s’y intéressent. Les revenus donc obtenus par celles-ci, servent à la construction de logements, à l’amélioration des conditions de vie et au changement ou modification de mode de vie. Ce qui va pousser les populations à pratiquer d’autres types d’activités en plus de l’agriculture.

 

 

1.2 /L’impact des acteurs dans le processus d’urbanisation du département de Kounahiri

Plusieurs acteurs s’inscrivent dans le processus de mise en place et d’évolution de l’urbanisation du département de Kounahiri. Il s’agit d’abord, de l’avènement de la colonisation à partir de 1901.  En effet,   les vestiges de l’urbanisation sont peu nombreux dans le département. Ceux marquant ces prémices sont la construction du pont sur le cours d’eau Béré reliant la localité de Bambalouma à celle de Kongasso pendant la période coloniale (à cause du poste installé à Bimbalo, actuel Bambalouma), le centre commercial colonial de Trafesso, le monument dédié aux combattants de la deuxième guerre mondiale de 1939 à 1945, l’école primaire publique Kounahiri I et II puis une maison de style colonial à Kounahiri ville. Cette dernière fait office de la maison du chef du village actuel de Kounahiri.

De 1960 à nos jours, l’Etat à travers ses différents politiques de développement va faire profiter la collectivité d’équipements et d’infrastructures pour le bien-être de ses populations. C’est alors qu’en 1979 que l’urbanisation a été matérialisée dans le département. A Kounahiri ville, avec le tout premier lotissement qui va se concrétiser avec la réalisation du plan de lotissement de la dite ville. A ce jour, ce sont trois phases de lotissement qui ont été réalisées (1999, 2009 et 2015). A cela s’ajoute l’extension de la ville qui tend à se confondre au Nord, au village de Golipla. Relativement à la ville de Kongasso, le premier lotissement fut réalisé en 1984 par les autorités sous-préfectorales et se poursuit de nos par la municipalité. Au sujet du plan de lotissement de cette ville, il est en étude pour être approuvé par le Ministère de la Construction, de l’Urbanisme et de l’Assainissement. Raison pour la quelle, nous n’avons pu obtenir un exemplaire pour effectuer des illustrations. Par ailleurs ont peut citer les projets de développement AVB, FRAR et FIAU. Au demeurant, plus de la moitié des agglomérations du département sont loties, seulement que la plupart de celles-ci ne disposent pas de plan de lotissement. En effet, les populations construisent leurs  habitations en fonction de leur appartenance à leur clan familial d’une part, d’autre part celles-ci bâtissent sur des terres qu’elles ont achetées. En outre, les populations résidentes s’organisent en coopératives ou associations pour créer ou construire des équipements dont elles ont besoin. Avec la prolifération de la culture d’anacarde et les gains que se procurent les paysans en fin de récolte, le paysage urbain est en pleine mutation. Car les recettes issues de la vente de ces produits servent à la construction de logements de types modernes et évolutifs. Cela résulte également de la propension des cadres et des cultivateurs venus de la basse côte, à bâtir leurs logements dans ces  villes plutôt que dans leurs villages d’origine.

II / LA DYNAMIQUE URBAINE DU DEPARTEMENT DE KOUNAHIRI

Dans le département de Kounahiri, on distingue un aménagement de type particulier. En effet, le modernisme cohabite avec le traditionalisme. Ce voisinage nous permet de déceler deux types d’habitats qui sont l’habitat traditionnel et l’habitat moderne en milieu urbain comme en milieu rural. Il s’agit ici de mettre l’accent sur les changements ou transformations qui ont eu lieu dans la zone d’étude.

2.1 / La ville de Kounahiri

Le choix s’est porté sur la ville de Kounahiri en raison de ce que la localité de Kongasso ne dispose pas pour le moment de plan de lotissement. En effet, les autorités locales s’attèllent pour son élaborationLa ville de Kounahiri, précédemment un village, fut établi par la famille des Bomisso. Ce village ayant subit l’invasion de Samory Touré en 1897 sera dominé par le colon français à partir de 1901. Par conséquent, l’actuel département de Kounahiri, appartenait au cercle de Mankono qui fut créé en Juin 1908 par le capitaine Moreau. Du nom originel Klango (c’est aussi le nom du quartier actuel où était situé le village (voir carte 2 à la page suivante). c’est ce village qui a commencé à s’étendre un peu plus au Sud avec le quartier Gopla et les constructions de l’AVB vers 1975. Quand aux quartiers Résidentiel, Sorokopla, Kounahiri-extension III et Obama, ils sont de créations récentes. Par conséquent, le quartier le plus vaste est Klango. Il se peut même de nos jours, que la ville de Kounahiri et le village de Golipla se confondent à cause de la rapide extension de ses deux localités.

2.2 / Les différents quartiers dans les villes de Kongasso et de Kounahiri

Dans les villes du département, tout comme dans l’ensemble de toutes les villes de Côte d’Ivoire, il existe des quartiers anciens, des quartiers administratifs et des quartiers dits  nouveaux, c’est-à-dire, les extensions. Ils sont nés autour du centre-ville. Le centre-ville est, alors le lieu de rencontre entre les populations de ces villes et les autres populations à Kongasso et à Kounahiri. Cela est dû à l’effet de commerce ‘‘le centre-ville’’ représentant le marché, la gare routière et quelques petites et moyennes entreprises. Nous avons déterminé les trois types de quartiers dans la ville de Kounahiri.

Le premier type de quartier est le quartier administratif : à Kounahiri, il se situe plus au sud de la ville en venant du village Gbôtôpla. C’est-à-dire à l’entrée sud de Kounahiri. Ce sont la mairie, la préfecture, la sous-préfecture, le centre hospitalier, la gendarmerie, la cité AVB qui devient peu à peu une ‘‘cité administrative’’ car abritant quelques directions administratives. Celui de Kongasso est situé au centre ville avec les locaux de la mairie, du centre de santé urbain, de la sous-préfecture.

Le second type est le quartier nouveau : nous avons traité de quartier moderne les habitations de type évolutif. Ce sont les habitations à cours communes ou parfois individuelle.

Figure 4 : Un exemple de type d’habitat traditionnel et moderne

 

Source : Cliché Karamoko, 2017

 

 

 

 

 

 

Figure 5 : L’évolution de la ville de Kounahiri

Souvent ce sont des villas jumelées sans clôtures et non mise en valeur. Ces habitations sont-situées généralement du centre de la  ville vers le nord-ouest et le nord-est (Sorokopla, Obama, Kounahiri-extension III) à Kounahiri. Alors qu’à Kongasso les quartiers nouveaux se trouvent au Sud et au Nord de la ville.

Enfin, viennent les quartiers anciens : à Kounahiri, la tradition est  encore présente. Nous avons traité de ‘‘quartier ancien’’, les lots sur lesquels sont encore construis les demeures en terre battue ou la terre cuite ou banco. Ce sont les cases (rondes ou rectangulaires) avec parfois des toilettes démodées des cuisines traditionnelles. Ce genre de construction est visible dans presque toute la sous-préfecture. Dans la ville de Kounahiri, on a les quartiers Gbopla et Klango. Quant à Kongasso, les quartiers anciens sont au nombre de deux. Le premier quartier est Kongasso situé au Nord-ouest et le quartier de Kouroungounga (localement appelé Gôrôpla en langue locale) situé au Nord-est de la ville. Ces quartiers portent le nom de leurs fondateurs, Kong pour Kongasso et Gôrô pour Gôrôpla. Ainsi se présente la structuration des quartiers dans ces deux villes.

Tableau 2 : La répartition des ménages par types de construction selon le milieu de vie dans le département.

 

Types d’habitations

Kongasso Kounahiri  

Total

départemental

Milieu de résidence Milieu de résidence
Urbain Rural Total Urbain Rural Total
Villas 35 296 331 40 289 329 660
Maisons simples 306 2396 2402 297 2475 2772 5174
Logements en bande 306 560 866 297 555 852 1718
Concessions 200 1000 1200 171 1169 1340 2540
Cases traditionnelles 70 667 737 48 645 693 1430
Baraques 7 22 29 0 15 15 44
Autres 5 7 12 0 2 2 14
Total 929 4948 5877 853 5150 6003 11 880

Source : INS, RGPH, 2014.

Le tableau 2 nous montre la répartition des ménages des sous-préfectures de Kongasso et de Kounahiri, par type de constructions selon le milieu de vie. Notons que le nombre moyen de personnes par ménage est de 5 à 8 individus dont 50% au moins sont mariés.

Il y a au total, 11 880 constructions au niveau du département avec 6003 constructions dans la sous-préfecture de Kounahiri et 5877 dans celle de Kongasso. On peut donc affirmer qu’il se trouve plus de constructions à Kounahiri soit 50,53% qu’à Kongasso avec une proportion de 49, 47% de réalisations. Ainsi, le niveau de construction  immobilière est moyen dans le département. En outre, en milieu urbain, on dénombre 1782 constructions tandis qu’en milieu rural, on a 1009 réalisations. A ce niveau le milieu urbain compte plus de logements que le milieu rural dans le département. Ce qui veut dire que le processus d’urbanisation évolue dans le département de Kounahiri. Par ailleurs, selon les données de l’INS et du RGPH en 2014, on distingue sept types d’habitations dans le département :

  • Les villas sont au nombre de 660 ;
  • Les maisons simples, 5 174 au total ;
  • Les logements en bandes se chiffrent à 1 718 ;
  • Les concessions sont au nombre de 2 540 ;
  • Les cases traditionnelles, 1 430 au total ;
  • Les baraques se chiffrent à 44 et
  • Les autres types de constructions donnent un total de 14.

A l’analyse de ces chiffres, il ressort que les populations fournissent des efforts et donc participent à la transformation de leur milieu de vie.

 

 

Conclusion  

En définitive, la situation de l’urbanisation dans le département de Kounahiri est faiblement appréciable avec un taux d’urbanisation de 0,10% (INS-RGPH, 2014). En effet, c’est un processus qui évolue lentement mais à la fois contribue à la transformation  de l’espace. L’aménagement du département ne se fera sans difficultés aucunes si les plans de lotissement sont établis en vue mieux suivre l’évolution des espaces lotis ; en plus dans certaines localités le milieu physique n’est pas trop favorable à cet type de projet à cause de la présence de inselbergs (Boyaokro et Kongasso). En dépit de tout le niveau d’urbanisation du département contribue à son développement. En plus de ce qu’il est désormais doté d’une direction représentant le Ministère de la Construction, du logement, de l’urbanisation et de l’assainissement. Cette direction dans son exercice, aide les populations à mieux appréhender ces changements dans leurs milieux de vie.

En outre, au niveau des caractéristiques socioprofessionnelles, presque tous les secteurs d’activités s’y exercent. Ces activités sont dominées par l’agriculture. En outre, la répartition des groupes ethniques et religieux va contribuer à une organisation meilleure des populations au niveau culturel. Ce qui va influer sur le milieu de vie de ces individus au travers une urbanisation sociologique capable d’aboutir à une urbanisation géographique à cause de la population importante et des activés non agricoles diverses. Les populations du département de Kounahiri subissent en fait l’urbanisation sociologique  qui est la résultante du modernisme occidental. Le modernisme est le changement de mentalité et l’adoption des modèles occidentaux de productions, de consommation et de comportements qui répondent aux critères de l’urbanisation. De plus,  il a été constaté dans le quotidien des peuples Ouan un changement de comportement qui s’oppose aux pratiques traditionnelles qui sont  jugées archaïques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

REFERENCES  BIBLIOGRAPHIQUES

ATTA K. 2001, Urbanisation et développement en Côte d’Ivoire, Cours magistral de Maîtrise, UFHB, Abidjan IGT, 65 p.

COTTEN A.M., 1969, Introduction à une étude des petites villes de Côte d’ivoire. In les petites villes de Côte d’ivoire, Cahiers ORSTOM. Série Sciences Humaines n°6 (1ère partie), pp 21-49 et pp 61-70. 

COURET D., 1996, Entre environnement urbain et développement local à Abidjan;
pour une nouvelle mise en perspective de la ville du Sud,
in Villes du Sud. Sur
la route d’Istanbul, Paris, ORSTOM Editions pp 201-225.

COURET D., Système d’informations urbaines ou système de penser la ville ?
Réflexions autour d’un projet de mise en perspective de l’information pour l’observation
du changement urbain à Abidjan, Géographe, ORSTOM, centre de Petit-Bassam, Abidjan, Côte d’ivoire, 16 p

GOGBE T., 2010, Décentralisation, Urbanisation et Développement de la région du Nord-est de la côte d’ivoire, Université de Cocody /Abidjan, IGT, thèse de doctorat d’Etat, 805 p.

HAUHOUOT A., 2002, Développement, Aménagement, Régionalisation en côte d’ivoire, Edition Universitaire de Côte d’Ivoire (EDUCI), 364 p.

KARAMOKO D.M.A., 2014, Politique municipale et développement urbain : cas de la commune de Kounahiri, Mémoire de DEA, 123 p.

MINISTERE D’ETAT, MINISTERE DU PLAN ET DU DEVELOPPEMENT : Pré-bilan de l’Aménagement du territoire. Etude réalisée par la DGDER avec l’appui financier et technique de l’UE (PSDAT) août 2006.

SIAGBE Z., 2014, Atouts et contraintes du développement du département de Kounahiri, Mémoire de DEA, 167 p.

ZIBOH S., 1997, Les Wans sous la colonisation française de 1901-1960, Université de Cocody Abidjan, mémoire de Maîtrise Histoire, 200 p.

 

 

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